mercredi, 27 février 2008
Handicap et Kilimandjaro...vu par TF1 et 2P2L
Il va y avoir du sport...
Un groupe de 10 personnes vont relever un défi unique. Quatre femmes et six hommes tous atteints d'un handicap moteur ou sensoriel se lancent à l'assaut du Kilimandjaro. Seuls, ils n'ont aucune chance, ensemble, ils vont tout tenter pour réussir.
Bientot l'Handi-ile de la Tentation...!!
10:30 Publié dans Voyages - Tourisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tf1, kilimandjaro, 2p2l, tv


Commentaires
Bravo Bravo Bravissimo!!!!!!!......
Respect quel lecon vous nous donner a nous soit disant non handicaper
vous m avez arracher les larmes par votre courage et votre envie de vivre comme Tous....je vous salut tous vous avez cree une petite fissure dans mon coeur Grace a vous.......
j Aimerai tant pourvoir partager avec des personnes comme vous
bisous a vous 10....... Alain Marseille 13.
Ecrit par : Alain | vendredi, 29 février 2008
Cette émission était géniale. Ces personnes ont un courage qui me laissent sans voix.
J'espère que les personnes dites normales nous regarderont autrement.
Franchement, ce reportage m'a bouleversé............
Ecrit par : Elphe | samedi, 01 mars 2008
Kilimandjaro ? Kili manque sa cible !
Paru le 31/03/2008 - Auteur : Pierre Bardina
3,7 millions de téléspectateurs. C’est l’un des bides d’audience de l’année pour l’émission « Au-delà des limites » du 29 février dernier, programmée en prime time par TF1 (les audiences moyennes de TF1 tournent autour de 5 millions de téléspectateur, une bonne audience 7 millions et une très bonne 9 millions).
On allait voir ce qu’on allait voir : la chaîne, « en quête de sens » après l’éviction du couple Le Lay / Mougeotte, souhaitait aborder le thème douloureux du handicap. Pour cela, rien de tel que l’organisation d’une ascension, jugée inaccessible, pour poser le thème titre : Au delà des limites. La chaîne (et la société de production 2P2L) imaginent donc de sélectionner 10 participants, sorte de panel du handicap, pour leur faire gravir le Kilimandjaro, et montrer au téléspectateur que la personne handicapée peut, elle aussi, dépasser ses limites (physiques, mentales, sensorielles). On a le droit d’être déjà dubitatif sur le thème même de « l’émission » (le dépassement de soi, surtout pour des handicapés, des déglingués comme dit Ryad Sallem*, consultant pour l’émission) mais bon, admettons qu’il faille remettre les pendules à l’heure pour le téléspectateur moyen de TF1.
Côté handis participants au show, on était plutôt gâté : Une bien belle rousse paraparétique Yolaine (par ailleurs candidate à la Nouvelle Star, sur M6), une aussi belle sourde profonde Sofia, et l’emmerdeuse de service, la pleureuse – Salima -. Catherine, amputée fémorale à la pêche d’enfer rejoint l’équipe plus tard côté fille. Chez les garçons, le team est aussi relevé : Sébastien, gueule d’ange est malentendant, Jean-Michel et Nicolas sont tous deux polios ; il manque de naissance les jambes et un bras à Guillain le beau gosse; Eric est lui amputé tibial, et enfin, Bastien – dit Bastos - est paraplégique. Malgré leurs différences de handicap, la voix off qualifie tous les participants de « handicapés physiques ». Et pour une émission qui veut parler de handicap, c’est plutôt malvenu**…
Bruno Pomard – ancien du RAID – est là pour les encadrer et les « motiver » ; ben oui, ils sont pas là pour rigoler les participants, et un ancien d’une unité d’élite, tout de suite, ça met l’ambiance. Bandana sur sa tête dégarnie, pantalon à soufflet, tentes Quechua, 4X4 amenant l’équipe dans le bush Tanzanien: pas de doute, c’est bien une expédition et c’est bien une émission de télé-réalité.
À la manière « télé-réalité » donc, l’aventure filmée en 2 parties (l’approche / l’ascension) présente les candidats, tous des « battants » : tour à tour sportifs (de haut niveau pour certains), silver surfer, trader ou chef de famille sans peur et sans reproche côté garçons ; côté filles, on est toujours féminine, on se bat pour remarcher ou se faire comprendre et on a une vie épanouie. Notre équipe de candidats à l’ascension a « surmonté » son handicap et même pour certains, celui-ci a même été une révélation, comme une sorte de nouvelle vie. Ces présentations – des vignettes dans le jargon télé – rythment l’expédition, tandis qu’une voix-off (genre Koh-Lantha) nous fait comprendre que, Houlala, le Kilimandjaro, c’est pas de la rigolade.
La progression commence, mettant très vite à jour les limites de chacun. Salima, complètement désorientée sans ses repères habituels, panique très vite et, trop centrée sur son handicap (la cécité), elle se met à l’écart du groupe et devient « l’emmerdeuse » du show. Il semble presque que ce rôle lui ait été dévolu par le casting, tant le prise en compte de son handicap est nulle sur le campement ou pendant le trekking d’approche : pas de repère, aucune explication pour trouver sa tente ; pendant la marche, pas de guidage. Et c’est bien dans cette façon de traiter le thème du handicap qu’est le gros problème : Alors que pendant la dernière décennie, des centaines de personnes handicapées ont milité pour faire comprendre à la population que finalement, il n’y avait pas de handicap, seulement des situations handicapantes, un prime time de la plus grosse chaîne européenne mettait 10 personnes handicapées dans une situation des plus handicapantes : l’ascension du Kilimandjaro.
Salima craquera et quittera l’aventure. Elle n’est pas la seule, d’ailleurs, à craquer face à la non prise en compte de leur différence : Sofia, sourde profonde, ne saisi pas les directives des briefings du soir ; la conversation va trop vite, personne ne lui parle de face, pour qu’elle puisse lire sur les lèvres. Bastien quant à lui, doit sa progression à l’aide quasi permanente des candidats « marchants » qui poussent son fauteuil tout-terrain.
Évidemment, on aura droit à toutes les séquences clichées du genre ; après les pleurs de Salima, Yolaine et Sofia se succèdent « attention danger », la rivière et ses pièges, « attention frisson », on traverse le précipice ou bien encore « attention, émotion », le Kilimandjaro se découvre. Tous les poncifs visuels de la télé réalité sont là. Salima partie, toutes les autres filles handicapées moteur abandonneront, tout prêt du but, pour cause de mal des montagnes. Seule Sofia (valide) atteindra le sommet. Du côté des garçons, Bastien, lâché par Éric, voit son ascension compromise du fait de manque de pousseur pour son fauteuil. Qu’importe, Sébastien et Sofia sont d’accord pour tenter l’assistance, jusqu’au bout. Le lendemain, l’attelage se met en route pour le sommet et souffre dans la pente. C’est là que Bruno Pommard intervient, fait stopper l’équipée et « élimine » Bastien, pourtant en pleine forme. Le chef d’expédition fera intervenir les toubibs pour que Bastien s’entende dire qu’il est arrêté pour raisons médicales (« tes lèvres sont bleues »). En colère et dépité, Bastien n’atteindra pas le Kilimandjaro. À son retour, il m’avait confié qu’il s’était senti piégé. Et pour cause : comment concevoir de faire gravir le Kilimandjaro par un paraplégique sans une assistance digne de ce nom ? Difficile de croire que cet abandon n’ait été programmé à l’avance, tant il est peu probable qu’un fauteuil, fût-il tout terrain, se hisse au sommet.
Alors bien sûr, il y eut de jolis moments d’émotions (mention spéciale à Sébastien, qui par ses propos simples, directs et sensibles a donné une jolie image de sa déficience). Bien sûr, il y eut de belles images d’une nature encore sauvage. Oui, j’écris encore, parce qu’avec plus de 40000 randonneurs par an sur ses sentiers, le toit de l’Afrique voit sa savane environnante détruite par des incendies de plus en plus fréquents. Et les milliers de touristes qui gravissent ses pentes ne le font pas sans laisser de traces visibles… Mais c’est une autre histoire, on n’est pas sur Arte.
Bien sûr, les descriptions des handicaps des participants et leurs situations avaient bien un côté didactique, mais toujours en faisant passer les « handicapés » pour des héros de la vie quotidienne. D’ailleurs le téléspectateur ne s’y est pas vraiment trompé, puisque le programme a été largement boudé. Sans doute, la chaîne pensait-elle que les 10% de la population française concernée directement par le handicap se ruerait sur le programme ? Manqué pour TF1. On aurait aimé voir la même aventure partagée avec des valides en découverte de l’autre, rendue accessible, sans fausses promesses. Mais les lois du format de la télé réalité sont passées par là sans que personne n’y trouve son compte, ni la chaîne (qui à coup sûr ne réitèrera pas sa tentative), ni la communauté du handicap, ni même les participants, tant l’audience était faible.
Pierre Bardina
* Ryad Sallem est le fondateur de CAPSAAA et joueur de l’équipe de France de basket en fauteuil
** En 2008, on parle de handicap moteur, sensoriel, mental ou intellectuel
Ecrit par : pierre bardina | mercredi, 02 avril 2008
Écrire un commentaire